30
août
2014

Premier concours étudiant éco-responsable, l’HYDROcontest réunit les jeunes ingénieurs du monde entier autour de la problématique de l’efficience énergétique. Formidable pépinière de talents, l’HYDROcontest a déjà montré de belles réussites et des  innovations marquantes. Retour sur l’événement phare de la Fondation Hydros

"Plus qu'une course, l'HYDROcontest est un véritable incubateur à idées  !"

Lausanne, 21 Juillet 2014, 120 étudiants et 17 prototypes investissent la tente HYDROboat, leur paddock  pour les 7 jours de  compétition. Ils sont Brésiliens, Suisses, Australiens, Colombiens, Français, Hollandais, et partagent tous la même envie d’en découdre sur les eaux du Léman. Leurs yeux pétillent lorsqu’ils présentent aux visiteurs leur prototype, fruit de mois de recherches, conception et construction.

 

Plus qu’une course, un véritable incubateur à idées

 

Premier concours étudiant éco-responsable du genre, l’HYDROcontest réunit les jeunes ingénieurs du monde entier autour de la problématique de l’efficience énergétique. Formidable pépinière de talents, l’HYDROcontest a déjà montré de belles réussites et des  innovations marquantes. Retour sur l’événement phare de la Fondation Hydros.

Transporter plus, plus vite, en consommant moins d’énergie, tel est le but de l’HYDROcontest. Une batterie et un moteur électrique, tous identiques, sont fournis par la Fondation en amont du concours à chaque école participante. En dehors de quelques règles simples, une dimension maximale de 2.50x2.50x2.00m et l’absence de tout autre moyen de propulsion pour ces bateaux radiocommandés, les équipes pouvaient laisser libre cours à leur imagination dans la conception du bateau le plus efficient en matière de consommation. Les étudiants devaient concourir dans deux catégories, celle des « Embarcations Personnelles », qui avec le chargement d’un lest de 20 kg à bord figure le transport de personnes sur un bateau de plaisance ; et celle du « Transport de Masse » qui simule le déplacement d’un cargo avec l’embarquement d’une charge de 200kg.

 

4 innovations concrètes pour un transport maritime efficient

 

Tout au long de la semaine, les étudiants n’ont cessé d’optimiser leur bateau afin de relever ce formidable défi architectural et montrer que l’on peut être plus performant en utilisant moins d’énergie. L’HYDROcontest a aussi été le théâtre de riches moments d’échanges et d’entraide entre les équipes. Parmi les nombreuses innovations proposées par les participants, revenons sur quatre d’entre elles qui ont marqué cette première édition.

Mi bateau, mi sous-marin, le prototype hybride de l’ENSM Marseille a de quoi attirer les curieux. Leur navire semi-submersible à sustentation est un concept dérivé du SWATH (Small Waterplane Area Twin Hull), navire catamaran à faible surface de flottaison. Le bateau de l’équipe Hydro Tech qui courrait dans la catégorie « Transport de Masse » est un monocoque composé d’une torpille totalement immergée dans laquelle les marchandises sont embarquées, reliée par un aileron de quille à un flotteur qui assure la stabilité du navire et fait office de passerelle. Le point sur lequel les étudiants marseillais se sont démarqués est l’ajout d’un hydrofoil auto-stabilisé sur l’aileron de quille, permettant le maintien du flotteur supérieur au-dessus de l’eau. Le navire n’est alors plus soumis aux vagues et offre une très faible résistance à l’avancement par rapport aux bateaux traditionnels. Cela se traduit par une amélioration significative des performances, de la consommation et du confort de navigation. L’EPFL qui avait aussi fait le choix d’un bateau reprenant les principes du SWATH a prouvé l’efficacité de ce concept, non seulement en terminant la compétition sur la seconde marche du podium, mais surtout en décrochant le meilleur temps de la catégorie, loin devant les navires archimédiens classiques.

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Dans un tout autre registre, l’équipe suisse de la Haute Ecole Arc s’est démarquée avec le développement d’une hélice à pas variable, également connue sous le nom d’hélice à pales orientables. Rappelons que le rôle d’une hélice est de transformer le mouvement de rotation du moteur en une force rectiligne qui propulse le bateau. Elle est définie par son diamètre qui détermine la puissance de l’hélice, le nombre de ses pales, et enfin son pas qui détermine la distance parcourue pour un tour complet d’hélice. Le mécanisme de pas variable permet de modifier la vitesse de rotation des hélices en changeant l’inclinaison des pales, le bateau peut ainsi adapter sa force propulsive à la charge qu’il transporte. Ces hélices offrent un meilleur rendement propulsif, une meilleure manœuvrabilité et permettent une sensible réduction de consommation énergétique grâce à une meilleure utilisation du moteur.

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Un autre bateau qui a beaucoup fait parler de lui lors de cette première édition de l’HYDROcontest est celui de l’équipe colombienne GEPAR. Fabriqué entièrement en résine de PET recyclé, leur navire pose les bases d’un transport maritime plus respectueux des ressources de notre planète, notamment lors des phases de construction et de démantèlement. Leur démarche s’inscrit pleinement dans le modèle de l’économie circulaire où les produits en fin de vie sont déconstruits et leurs composants réintégrés dans la fabrication de produits neufs, limitant ainsi l’usage et le gaspillage de matières premières.

Dans la catégorie des navires légers, les Suisses de l’EPFL et les Australiens de l’Australian Maritime College ont fait sensation avec leurs bateaux volants équipés de foils. Sorte d’ailes immergées fixées sous la coque du navire, ils permettent à celle-ci de s’élever et de se maintenir au-dessus de l’eau, induisant une réduction considérable de la traînée hydrodynamique du bateau. Sachant que cette trainée représente 80% du frein d’un navire, les gains en consommation et performance sont considérables. Rien de surprenant, donc, à ce que l’équipe de Tasmanie ait signé le meilleur temps de l’HYDROcontest dans la classe « Embarcation Personnelle ».

 

L’efficience récompensée

 

Après 4 jours de compétition, de suspens et de rebondissements, c’est la Haute Ecole Arc Ingénierie de Saint-Imier qui gagne le prix HYDROcontest de l’efficience dans la catégorie « Transport de Masse », tandis que l’ENS d’Architecture de Paris la Villette associée à l’ENS de Techniques Avancées de Bretagne l’emporte dans la catégorie « Embarcation Personnelle », raflant également le prix du meilleur design et le trophée de la Long Distance Race.

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Dans la catégorie «Transport de Masse », le prix de la meilleure créativité technologique est revenu à l’ENS Maritime de Marseille pour leur navire semi-submersible à sustentation, et à l’Australian Maritime College dans la classe « Embarcation Personnelle », pour leur catamaran volant. Enfin, le prix de la meilleure communication autour du projet a été remporté par l’ENS Maritime du Havre.

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Forte du succès de cette première édition parrainée par la spationaute Claudie Haigneré, présidente d’Universcience, la Fondation Hydros, déjà tournée vers l’HYDROcontest 2015, renforce encore son engagement auprès des porteurs de projets innovants, afin de faire germer de nouvelles idées, concrétiser leur vision du transport efficient et assurer une transmission de ces connaissances

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